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Un crédit dans ton budget et dans ton patrimoine

Rembourser un crédit n'est pas dépenser. Une partie de la mensualité quitte ton compte sans quitter ton patrimoine, et confondre les deux fausse tout le reste.

La mensualité se lit deux fois

Quand tu rembourses un crédit, la même somme raconte deux histoires différentes selon l'endroit où tu la regardes.

Dans ton budget, c'est la mensualité entière qui compte. La banque prélève tout, intérêts compris, et cet argent n'est plus disponible pour autre chose. Ne compter que les intérêts, c'est se croire plus à l'aise qu'on ne l'est à la fin du mois.

Dans ton patrimoine, seuls les intérêts t'appauvrissent. La part de capital ne disparaît pas : elle passe de ton compte à ta dette, qui diminue d'autant. Tu as moins d'argent et moins de dettes, et les deux s'annulent exactement.

D'où une phrase qui semble contradictoire et ne l'est pas : rembourser un crédit pèse lourd sur ton budget et presque pas sur ton patrimoine.

Un exemple

Un prêt de 150 000 sur vingt ans à 4 % fixe — peu importe la monnaie, les proportions ne changent pas. La mensualité est d'environ 909.

Le premier mois, 500 partent en intérêts et 409 en capital. Ton budget enregistre une sortie de 909. Ton patrimoine, lui, ne baisse que de 500.

Dix ans plus tard, pour la même mensualité de 909, les intérêts ne sont plus que de 299 et le capital de 610. La mensualité n'a pas bougé, mais ce qu'elle te coûte vraiment a presque diminué de moitié.

Sur vingt ans, tu auras versé environ 218 000 pour un prêt de 150 000. Les 68 000 d'écart sont le coût du crédit. Le reste, tu te l'es remboursé à toi-même.

Ce que le bien a vraiment rapporté : inflation retirée, intérêts comptés

C'est l'autre moitié du calcul, et celle qu'on oublie.

Un bien qui prend 3 % par an pendant que les prix montent de 3 % par an n'a rien rapporté. Sa valeur en monnaie a augmenté, ce qu'elle permet d'acheter n'a pas bougé. Avant de se réjouir d'une plus-value, il faut lui retirer l'inflation de la période.

Reprends l'exemple. Le bien acheté 150 000 en vaut 200 000 dix ans plus tard : 50 000 de plus-value affichée. Mais si les prix ont monté de 30 %, il faudrait 195 000 aujourd'hui pour valoir ce que valaient 150 000 il y a dix ans. Le gain réel n'est pas de 50 000, il est de 5 000.

Vient ensuite le coût du crédit. Sur ces dix ans, tu auras versé environ 109 000, dont 60 000 de capital et 49 000 d'intérêts. Ces 49 000 sont une somme de mensualités étalées sur dix ans, chacune dans la monnaie de son époque : elles pesaient un peu moins d'année en année, puisque les prix montaient pendant que la mensualité restait fixe. Le chiffre brut surestime donc l'effort réellement fourni, et c'est le seul endroit où l'inflation joue en faveur de l'emprunteur. Il n'en reste pas moins que 5 000 de gain réel en face de 49 000 d'intérêts donne l'ordre de grandeur.

Ça ne dit pas que l'opération est mauvaise, et l'exemple est même le cas extrême : la totalité du prix est empruntée, donc les intérêts sont au maximum. Un logement t'évite un loyer, un bien loué produit un revenu, un apport change le rendement de ce que tu as réellement engagé. Mais ces deux corrections-là — retirer l'inflation, compter les intérêts — se font dans tous les cas, avant toute conclusion.

Les erreurs fréquentes

Dans My Wealth Book

Une mensualité tient sur une seule ligne, avec son capital, ses intérêts et son taux, liés et modifiables. Changer le taux ne réécrit jamais les mensualités déjà passées : elles se sont produites à l'ancien taux, et un historique qui se réécrit tout seul n'est plus un historique.

La mensualité entière entre dans le budget, parce que c'est ce qui sort du compte. Le patrimoine, lui, ne retient que ce qui t'appauvrit vraiment.

My Wealth Book réunit tes comptes, tes biens, tes crédits et tes placements, et te dit ce qu'ils valent une fois l'inflation retirée.

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